2. Terrains de jeu

 

Un des soucis dominant des initiateurs du FC Bramois fut de trouver l’endroit où pourrait se construire le terrain de jeu. Bien avant la fondation du club, des démarches furent entreprises dans ce sens par des jeunes auprès des administrations communale et bourgeoisiale de Bramois. Si l’on fait mention ici de la bourgeoisie, c’est parce qu’à un moment donné – vers les années 1920/25 déjà – quelques jeunes amoureux du ballon rond avaient pris l’habitude de se rencontrer au centre du Bois de la Borgne pour s’adonner à leur jeu préféré. Avant l’installation de la gravière dans ce bois, il y avait à cet endroit une belle clairière. C’est ce cadre idyllique que les jeunes désiraient aménager en place de jeu. Pour cela, il fallait abattre quelques pins. Une demande en ce sens fut présentée au président de la Bourgeoisie, M. Eugène Ambord ; mais elle ne fut pas agréée car on ne comprenait pas du tout que l’on puisse sacrifier quelques « dailles » pour permettre à des jeunes de s’amuser. Antoine Pedroletti, Paul Morath et leurs compagnons durent ainsi porter leur regard sur d’autres lieux.

 

Bien des années plus tard, ces jeunes s’adressèrent à la municipalité. Ils avaient découvert au lieu dit Place des Porcs, un terrain vaque, propriété de la commune, terrain traversé par un étroit chemin surélevé et bordé de marécages. Il y avait là des « gouilles » où l’on venait tremper le chanvre (rotissage ??) avant de le broyer pour en dégager la fibre textile.

 

On pensait démonter le petit chemin et utiliser le matériel ainsi récupéré pour remplir les « gouilles » et niveler le terrain. Une demande fut donc adressée au conseil communal pour obtenir l’autorisation d’aménager les lieux aux frais des intéressés. Une fois accordée l’autorisation requise, les jeunes se mirent immédiatement à l’ouvrage. Pendant quelques soirées, on entendit le vacarme des pics, des pelles, des brouettes bruyantes. L’enthousiasme y était ; mais l’on se rendit bientôt compte que les moyens dont on disposait n’étaient pas à la hauteur de la tâche à accomplir.

 

Devant les résultats plutôt négatifs de l’entreprise, on baissa les bras. Et l’échancrure effectuée dans le chemin traversant les marécages demeura quelque temps. Le procès-verbal de l’assemblée constitutive de juin 1953 nous renseigne sur la suite donnée à cette juvénile tentative, en parlant des contacts à prendre avec l’autorité communale pour régler la question de la jouissance du terrain. Le recours à la commune démontra que les trax et bulldozers étaient vraiment plus efficaces que les pics et les pelles !

 

Par la suite, le comité du club eut cependant quelques soucis pour compléter le travail accompli par la commune. En séance du 26 mars 1955, il constata des dépenses dépassant 400 fr. pour transport de terre, roulage et cylindrage du terrain. Et ces dépenses, effectuées pour l’achat et la pose des buts par exemple, ne purent bénéficier de subsides, parce que la convention relative à la jouissance du terrain n’avait pas été signée par la commune ; ce n’est que 10 ans plus tard, grâce à l’action efficace d’Armand Fellay, caissier du club et conseiller communal, que cette convention, conditionnant les subsides de l’ACVF, fut enfin signée le 30 août 1963).

 

Le terrain, sommairement aménagé – sans vestiaires – fut modestement inauguré le 7 août 1955, après contrôle par l’inspecteur de l’ASFA qui mentionna dans son rapport « Il faut féliciter les dirigeants qui n’ont pas craint d’aménager un emplacement inculte pour pouvoir doter le village de Bramois d’un terrain de jeu ».

 

Ce premier terrain officiel de la Place des Porcs (on préférait évidemment parler de la place des sports) a rempli son rôle et a été utilisé et même surutilisé.

 

En 1972, une assemblée générale extraordinaire fut convoquée pour discuter notamment de la réfection du terrain décidée par le comité. Selon les devis, le coût de la rénovation était estimé à 30'000 fr. (pelouse : 18'000 fr. ; éclairage : 6'000 fr. ; vestiaires et entourage : 6'000 fr.), la commune de Sion promettant un subside de 25'000 fr.. Un comité de rénovation fut constitué, composé de Michel Praz, Tony Walpen, Henri Willy, Julien Gay-Crosier, Jean-Claude Ruff, Michel Bitschnau (secrétaire et responsable de la commission) et Armand Mayor. Chaque membre du club devait effectuer 20 heures de travail ou les payer à raison de 7 fr. l’heure. Par la suite – en 1974 – le comité fut autorisé à effectuer un emprunt de 50'000 fr. auprès de la Caisse Raiffeisen (finalement conclu avec la BCV) pour financer les travaux, emprunt garanti par le cautionnement des membres du comité et la municipalité de Sion. L’inauguration eut lieu en 1975 et elle permit au caissier de boucler les comptes 1975/76 par un bénéfice.

 

En 1979, le président informe l’assemblée générale que la municipalité de Sion envisage l’amenée de l’eau au terrain durant toute l’année et l’aménagement de toilettes. Ces travaux de rénovation étaient terminés en 1980. Jusqu’alors, l’eau provenait du Consortage d’irrigation du vignoble de Bramois et était donc « coupée » dès la fin des arrosages. Quant aux toilettes, les anciens se souviennent que l’on creusait des « latrines de campagne » pour le tournoi de l’Ascension. Le reste du temps, à la guerre comme à la guerre …



Le développement du club qui comptait, en plus des actifs et des vétérans, une dizaine d’équipes de juniors), nécessitait une nouvelle place de jeu.

 

La commune de Sion démontra que son souci de la jeunesse n’était pas que théorique. Ses services étudiaient le projet de nouveau stade qui fut adopté. Réalisé de 1984 à 1987 (des recours ont retardé les travaux …), il comprend trois terrains de jeu avec éclairage, un de 66 m. x 100 m. et deux de 64 m. x 100 m. Le coût de construction, y compris les abris de protection civile au sous-sol, s’est élevé à plus de 4 millions de francs ! La commune de Sion doit être remerciée pour cette réalisation exemplaire mise au service de la jeunesse sédunoise.

 

C’est le stade actuel que vous pouvez découvrir sur ce site (cliquer sur Le stade).

 

 

L'historique
1. Fondation du CLUB
3. Les travailleurs de l'ombre
4. Quelques anécdotes et évènements